#GoThomas

J’ai suffisamment saoulé mon monde en partageant tout ce qui concernait la tentative de record en solitaire du tour du monde par Thomas Coville pour me fendre ce soir de quelques mots.

thomas

Une discussion à propos d’un article sur les vertus de l’échec me laisse penser que son histoire va faire couler beaucoup d’encre autour du mental, du management, voire des trucs RH sur l’entreprise thomascovillée.

Hors, de ma fenêtre, non, non, non, ce n’est pas ça la leçon. Ou plutôt si, ça c’est toujours la leçon du mec (ou de la nana) qui tombe, échoue, se gaufre et gagne à la fin, mais ce n’est pas LA force de Thomas.

La force de Thomas c’est d’avoir su contrôler ses émotions, d’avoir compris qu’il devait le faire, et d’avoir appris à le faire.

Okay, il pleure toujours beaucoup, ce qui permet aux juniors de me faire des blagues pas drôles dès le jour du départ.

lacrymalite

Mais d’aussi loin que je me souvienne (30 ans…), Thomas a toujours fait montre de trois qualités : l’éloquence pénétrée, l’entêtement et l’ouverture aux autres. Il a certainement énormément appris des personnalités que sa vie d’adulte l’a amené à fréquenter, mais surtout mu par « son rêve » et bien d’autres choses que j’ignore, il a fait ce qu’il fallait pour se surpasser.  Au final, mieux qu’évoluer, il est parvenu à changer. Pas intrinsèquement, mais pour pouvoir répondre à son objectif (ou à JL Nelias)  lorsqu’il l’exige. Et à cette échelle, je trouve ça proprement bouleversant.

Il ne l’a visiblement pas fait tout seul (je parle de loin… il évoque Les Étoiles du Sport, son sponsor…), mais il a su entendre et intégrer que sa manière de gérer certaines situations le bloquerait au pied du mât.

Adulte et à un âge avancé, il a fait ce travail sur lui (son « mental »), pour lutter contre la gamberge, tenir le coup, et quoiqu’il en coûte , factuellement, « ne rien lâcher ». Et je n’ose imaginer l’effort, l’humilité et la disponibilité intellectuelle que cela requiert, le tout pour une perspective totalement aléatoire et dépendant moins du marin que de la chance de ne pas croiser d’OFNI et d’attraper les bonnes dépressions.

Cerise sur le gâteau, grâce à son éloquence et son goût des autres, Thomas sait partager ses acquis (ses trésors) après  les avoir digérés et filtrés. Contrairement à deux autres catégories de marins : ceux qui balancent en vrac, en bloc et presque en direct leur psyché (et parfois en anglais avec un fort accent gallois)  et ceux qui la gardent pour eux (interminable liste de taiseux).

D’où ce discours porté depuis longtemps,  à la fois touchant et profond.

Des Pokoù, mon Thomas. Merci.
PS : quelques réponses là http://www.liberation.fr/sports/2016/12/29/thomas-coville-en-mer-j-ai-pris-un-pied-terrible_1538082

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Etre ou ne pas être Charlie, là est donc la question

La Plume d'Aliocha

imgresEtre ou ne pas être Charlie, telle est la question qui monte en ce moment.

Elle s’est posée sur ce blog dès la semaine dernière à la suite du billet dans lequel je saluais la formidable mobilisation en réponse au massacre perpétré chez Charlie Hebdo. J’ai lu attentivement les commentaires des fidèles qui ne partageaient pas mon point de vue. C’est là que j’ai commencé à voir poindre le malentendu. D’où ce billet.

Philippe Bilger a écrit sur son blog avant la manifestation qu’il n’irait pas, parce qu’il ne se sentait pas Charlie. Et il a expliqué pourquoi :

« Je ne suis pas Charlie. L’esprit de cette publication n’a jamais été le mien et je suis persuadé que Charlie n’aurait jamais voulu être, même par solidarité, le réactionnaire que je suis.

Charlie Hebdo a usé de sa liberté d’expression et je n’irai jamais scandaleusement prétendre qu’il en a abusé, ce qui…

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Les enfants ne savent pas se servir d’un ordinateur et vous devriez vous en inquiéter.

Nicolas Le Gland

MarcScott est professeurd?informatique en collge et lyce au Royaume-Uni. Son article « Kidscan’t usecomputers? Andthisiswhy itshouldworryyou » est traduit en franais par NicolasLeGland.


Trop long lire? 1 Et pourquoi vous n?iriez pas plutt regarder une autre vido de chaton avec sa tte dans un rouleau de papier toilette, ou la description en 140 caractres du repas qu?un ami vient de se fourrer dans la bouche. miam miam. Cet article n?est pas pour vous.

Le mythe

Le tlphone a sonn dans mon atelier. C?tait l?un des rceptionnistes de l?cole, pour m?expliquer qu?il y avait l?tage en dessous un visiteur qui avait besoin de se connecter au rseau Wi-Fi de l?cole. iPad en main je trotte jusqu? la rception, o je trouve une jeune femme d?une vingtaine d?annes, assise sur une chaise avec un MacBook sur les genoux.

J?ai souri et je me suis prsent en m?asseyant ct d?elle. Elle me…

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Descente chez mes libraires

Effet de balancier oblige, il semble de bon ton ces jours-ci de défendre Amazon. Je me demande bien pourquoi, ce n’est sûrement pas le non-cumul port gratuit & réduction qui va mettre en péril son modèle.

Je comprends tout à fait les arguments de ceux qui ont enfin accès dans des délais alignés sur le rythme de leur vie trépidante à la lecture tant désirée. Je suis la première à le faire, j’essaie juste de ne pas privilégier une boîte qui est organisée fiscalement de manière trop défavorable à mon pays.

Mais de là à considérer comme  http://fluctuat.premiere.fr/Livres/News/Faut-il-vraiment-detester-Amazon-Ou-la-reinvention-des-librairies-traditionnelles-3932678  que Amazon est le grand manitou du livre, qui grâce à sa baguette magique logistique a permis d’offrir la culture à tous…en parlant d’un modèle assez sublime, et de conseils fiables à propos des avis clients…  WoWooowwoooowWWW

Ce système de flux physique est déjà mort pour le livre. Amazon ces jours-ci bâtit la distribution du reste, de l’équipement, du jeu, des pièces détachées….

Mais ce n’était pas ce que je voulais raconter.

J’ai été prise ce midi d’une frénétique envie de nouveaux livres. Pas des livres dont j’aurais regardé la couv sur mon écran, des vrais en pile dans un magasin qui sentiraient bon. Alors en fin de journée, j’ai traîné junior vers L’Archipel des Mots, tenue par une libraire dont j’adore les conseils, surtout quand il s’agit d’offrir, et qui a trouvé le moyen de présenter un rayon littérature jeunesse tout a fait agréable. Mais la porte était fermée (congés annuels). Ouais c’est l’inconvénient.

On a dû rallier Cheminant, LA libraire Vannetaise, avec des étages et tout et tout, sans s’arrêter au Jardin des Bulles (je suis nulle en BD, mais le patron est sympa et il est fan de Brocéliande, ce qui ne gâche rien).  On a farfouillé chacun dans son coin, et puis ensemble, et puis on est allé voir le vendeur qu’on nous a recommandé d’interroger à l’étage car que Junior ne trouvait pas ce qu’il cherchait. Il a directement interrogé Junior, a écouté ses réponses, lui a présenté toute l’offre, comment il imaginait qu’elle allait se développer (c’est une série) et m’a fait le topo économique.

On est sorti de là avec nos trésors parfumés, Junior a ouvert le sien dès le retour à la maison.

Je ne suis plus parent d’élève (en classe primaire).

Mes enfants ne sont pas concernés. Donc je n’ai rien à dire au sujet de la réforme scolaire, au plutôt de la réforme des rythmes scolaires.

Mais je lis et j’écoute depuis 6 mois mi-exaspérée, mi-désabusée.

De l’inconstance du parent d’élève.

On ne prend pas la mouche, car je ne parle que du temps qui passe. Qui mécaniquement fait qu’après 5, 8 ou 10 ans pour les plus gâtés, notre progéniture quitte l’école maternelle, dite la Rolls-Royce de l’Education Nationale*, pour la Grande Ecole.

Et qui met face à chaque réforme scolaire une génération qui semble avoir oublié la précédente.

Du paradoxe des arguments.

En matière d’école, il y a autant d’avis que de sélectionneurs pour l’équipe de France de foot. Ces jours-ci je note en plus que « les enfants sont plus fatigués depuis la rentrée » (car c’est bien connu, réfléchir, travailler, s’adapter à un nouvel environnement ne demande pas d’effort).

Du silence du corps enseignant.

Où sont les profs ? OU SONT LES PROFESSEURS ? Ils se sont tus en 2008. Ils se taisent à nouveau. Ils ont lâché l’affaire ?

De l’improvisation de nos corps collectifs.

Les familles ont eu beau faire part de leurs interrogations depuis six mois, du gouvernement au club de sport local, en passant par les partis politiques et les mairies, on a adopté une stratégie unique : la politique de l’autruche.

Allez, vivement le collège ! (qui a dit « c’est pire ! » ?)

*d’après une Professeure des Ecoles de mon entourage.

92 ans et toujours surprenant.

Quand il est venu à la maison souffler une bougie quelques jours après la date de son anniversaire, Grand-Papy ne s’est pas contenté de prendre sa mine de cachottier avant de nous faire une démonstration de la tablette numérique qu’il venait d’acquérir.

Il a aussi déclaré, adoptant soudain un ton bien plus solennel que celui solennel que celui de la conversation en cours : « Je ne la quitterai jamais, ma Bretagne ».

J’ai pensé : « Comment peut-on en arriver là ? ». 

Ne l’interprétez pas mal. Grand-Papy, arrière-grand-père de mes enfants, est né Chti, a épousé une Piémontaise, et vécu principalement à Paris (18ème, au pied de la butte, côté cimetière) et en Ile-de-France. Il réside en Morbihan depuis plus de 20 ans.

Le temps nous manquait, je n’ai pas vraiment pu en savoir davantage sur Sa Bretagne, et depuis je me dis qu’il ne faut pas lâcher l’affaire. Je suis la seule sur le coup pour le moment, les garçons me regardent avec les sourcils en accent circonflexe, je vais donc me tourner vers Belle-Soeur-Aînée, l’écriteuse de la famille.

Moi je dis : à suivre.